Saint Gautier de Pontoise
Saint Gautier de Pontoise, l'abbé fugueur du 8 avril Le 8 avril , nous célébrons un saint du jour à la personnalité pour le moins atypique : Saint Gautier de Pontoise. Abbé bénédictin du XIe siècle, il est surtout connu pour ses tentatives répétées de fuir sa charge, non par lâch…
Prénoms fêtés ce jour-là
Saint Gautier de Pontoise
Saint Gautier de Pontoise, l'abbé fugueur du 8 avril
Le 8 avril, nous célébrons un saint du jour à la personnalité pour le moins atypique : Saint Gautier de Pontoise. Abbé bénédictin du XIe siècle, il est surtout connu pour ses tentatives répétées de fuir sa charge, non par lâcheté, mais par une profonde humilité et un désir ardent de solitude. Sa vie, marquée par ce conflit intérieur entre le devoir et l'attrait pour une vie cachée en Dieu, offre une leçon spirituelle d'une grande modernité. Né aux alentours de 1030 en Picardie, Gautier se sent très jeune attiré par la vie religieuse. Il devient professeur de philosophie et de rhétorique avant de rejoindre la vie monastique à l'abbaye de Rebais-en-Brie. Il y mène une vie de prière et d'étude, apprécié de ses frères pour sa piété et son intelligence. Sa réputation de sainteté se répand au-delà des murs du monastère. En 1069, le roi de France Philippe Ier cherche un homme de valeur pour diriger la nouvelle abbaye qu'il vient de fonder à Pontoise, sous le patronage de Saint-Germain, puis de Saint-Martin. Le choix se porte sur Gautier. Pour le moine épris de quiétude, cette nomination est une véritable épreuve. Il se considère indigne et incapable d'assumer les responsabilités d'un abbé, qui à l'époque sont celles d'un chef spirituel mais aussi d'un gestionnaire de biens importants et d'un seigneur féodal. Malgré ses protestations, il doit obéir. Mais l'exercice du pouvoir lui pèse. Il ne supporte ni les honneurs, ni les soucis administratifs, ni les intrigues qui agitent parfois la vie monastique. Son seul désir est de retourner à la simplicité de la vie de moine. C'est ainsi qu'il décide de s'enfuir. Il quitte Pontoise en secret et se dirige vers la célèbre et immense abbaye de Cluny. Il espère s'y perdre, devenir un anonyme parmi les centaines de moines et se consacrer uniquement à la prière. Son plan échoue : il est reconnu et ses moines, partis à sa recherche, le retrouvent et le ramènent à Pontoise. L'expérience ne le guérit pas de son "mal du commandement". Quelque temps plus tard, il s'échappe à nouveau, cherchant cette fois un isolement plus radical. Il s'installe en ermite sur une île de la Loire, près de Tours. Mais là encore, sa cachette est découverte par un pèlerin qui alerte la communauté de Pontoise. Ses moines viennent une nouvelle fois le chercher pour le réinstaller sur son siège abbatial. Comprenant qu'il ne parviendra pas à ses fins par la fuite, Gautier tente une démarche officielle. Il part pour Rome afin de présenter sa démission au pape Grégoire VII. Il expose au souverain pontife son sentiment d'incapacité et son désir de se retirer du monde. Le pape, grand réformateur qui a besoin d'hommes de la trempe de Gautier pour restaurer la discipline dans l'Église, est touché par cette humilité. Cependant, il refuse catégoriquement sa démission. Au contraire, il lui ordonne, sous le vœu d'obéissance, de retourner à son abbaye et de ne plus jamais l'abandonner. Pour Gautier, cet ordre est une libération. Il a tout tenté pour suivre ce qu'il croyait être la volonté de Dieu pour lui ; maintenant, la volonté de Dieu lui est clairement signifiée par la voix du pape. Il obéit sans plus discuter et rentre à Pontoise pour ne plus en repartir. Il assume dès lors sa charge avec une nouvelle paix intérieure et un grand dévouement, se montrant un abbé juste et courageux, n'hésitant pas à dénoncer les abus des clercs et des seigneurs de son temps. Il meurt le 8 avril 1099, un Vendredi Saint, laissant l'image d'un saint qui a lutté toute sa vie contre les honneurs pour chercher la dernière place. Canonisé en 1153, il est le premier saint à avoir fait l'objet d'une procédure de canonisation formelle et documentée. Saint Gautier nous rappelle que la sainteté ne réside pas dans l'accomplissement de nos propres désirs, même spirituels, mais dans l'acceptation humble et obéissante de la volonté de Dieu.
Dates de commémoration
Dans le calendrier des fêtes