Saint Pacôme le Grand
Saint Pacôme le Grand, architecte de la vie monastique communautaire Chaque 9 mai, l'Église catholique honore la mémoire de saint Pacôme le Grand, une figure monumentale des premiers siècles du christianisme, reconnu comme le père et le fondateur du cénobitisme. Le saint du jour …
Prénoms fêtés ce jour-là
Saint Pacôme le Grand
Saint Pacôme le Grand, architecte de la vie monastique communautaire
Chaque 9 mai, l'Église catholique honore la mémoire de saint Pacôme le Grand, une figure monumentale des premiers siècles du christianisme, reconnu comme le père et le fondateur du cénobitisme. Le saint du jour, né vers 292 en Thébaïde, dans la Haute-Égypte, a radicalement transformé l'idéal de la vie consacrée à Dieu, en faisant passer d'une pratique essentiellement solitaire, l'anachorétisme, à une vie spirituelle vécue en communauté. Son histoire est celle d'une vocation née dans l'adversité. Issu d'une famille païenne, le jeune Pacôme est enrôlé de force dans l'armée de l'empereur Constantin. C'est dans la dureté de la vie militaire et la promiscuité d'une caserne à Thèbes qu'il fait une rencontre décisive. Alors que lui et ses compagnons d'infortune sont traités avec rudesse, des chrétiens de la ville viennent leur apporter réconfort et nourriture. Pacôme est si profondément ému par cet acte de charité désintéressée qu'il fait le serment de consacrer sa vie au Dieu de ces hommes bons s'il venait à être libéré. Une fois démobilisé vers 314, il n'oublie pas sa promesse. Il se fait baptiser et se met au service des plus pauvres. Désireux d'une vie plus radicalement tournée vers Dieu, il se retire dans le désert égyptien, suivant l'exemple des Pères du désert comme saint Antoine. Pendant sept ans, il mène une vie d'ermite sous la direction spirituelle d'un anachorète expérimenté, Palémon, s'adonnant à la prière, au jeûne et à une ascèse rigoureuse. C'est au terme de cette longue période de solitude qu'il reçoit, selon la tradition, une vision. Un ange lui serait apparu à Tabennèse, sur les rives du Nil, lui ordonnant de construire un monastère pour y accueillir les nombreux ermites qui vivaient dispersés dans le désert. Pacôme obéit. Il comprend que l'isolement complet, s'il convient à quelques âmes exceptionnelles, peut être un danger pour beaucoup d'autres, les exposant à l'illusion ou au découragement. Il conçoit alors une nouvelle forme de vie monastique : la vie cénobitique (du grec "koinos bios", vie commune). Il rédige une règle, la première de l'histoire du monachisme chrétien, qui organise de manière très précise la vie des frères. Le travail manuel, la prière liturgique en commun et l'obéissance à un supérieur sont les piliers de cette nouvelle organisation. Les moines sont regroupés en maisons selon leur métier (tailleurs, tanneurs, scribes, agriculteurs), partageant tout en commun et vivant sous la direction d'un préposé. Cette structure permet une entraide fraternelle, un soutien spirituel mutuel et une plus grande efficacité dans le travail et la charité. Le succès de sa fondation est fulgurant. De son vivant, Pacôme fonde neuf monastères d'hommes et deux de femmes, dirigés par sa sœur Marie. Des milliers de disciples se placent sous sa direction. Son influence est immense. Sa règle, traduite en grec puis en latin par saint Jérôme au début du Ve siècle, se répandra dans tout le bassin méditerranéen. Elle inspirera directement de grands législateurs monastiques, comme saint Basile en Orient et surtout saint Benoît en Occident, dont la célèbre règle doit beaucoup à celle de Pacôme. Saint Pacôme le Grand meurt de la peste le 9 mai 346, au milieu de ses frères. Il laisse un héritage colossal : il est l'architecte de la vie religieuse communautaire qui deviendra la forme de vie monastique par excellence dans toute la chrétienté. En célébrant ce saint du jour, on se souvient d'un organisateur de génie, mais surtout d'un homme qui a su discerner que la sainteté se construit aussi, et peut-être surtout, dans les liens de la charité fraternelle et le service humble et quotidien au sein d'une communauté.
Date de commémoration
Dans le calendrier des fêtes